[L’écrivain Kevin Spenst apprécie l’interaction entre des différentes langues dans la poésie.]
Ce printemps, deux poètes de Vancouver, Kevin Spenst et Marc Perez, ont décidé de faire une activité inhabituelle.
« Nous sommes partis de Science World sur le brise-lames de False Creek avec l’intention de lire des poèmes aux inconnus, » Spenst dit à Pancouver autour d’un café dans un Starbucks du coin.
Ils ont commencé par s’approcher d’un couple, qui a répondu en anglais avec un accent. Alors, Spenst leur a demandé quelles langues ils parlaient.
« Ils me disaient ‘l’ukrainien et le russe’, » le poète dévoile. « Ensuite, j’ai exprimé ‘voici un poème avec une expression idiomatique russe.’ Et ils l’adoraient. »
À vrai dire, la collection la plus nouvelle de Spenst, A Bouquet Brought Back from Space (maison d’édition Anvil Press) joue avec des expressions idiomatiques de plusieurs langues. Un poème, “It Rains Like Rods in Sweden” présente (en anglais) des expressions idiomatiques en différentes langues pour décrire la pluie forte, y compris à Reykjavík, Bangkok, Athènes, Taipei et Paris.
« Il pleuvra des hommes mariés en Espagne et des barbes du crapaud intermittentes samedi matin au Portugal, » Spenst écrit dans le poème. « Un orage intense du Pacifique de bambou et de sable touchera Tokyo. »
Spenst attribue l’aide à l’étape finale de rédaction pour le livre à Evelyn Lau. L’art de la couverture est par Shannon Pawliw.

Avant l’entretien dans le café, Spenst a placé plusieurs autres collections de poésie sur la table. Il a hâte d’attirer l’attention sur des œuvres par les écrivains au Canada qui mélangent l’anglais avec d’autres langues.
Un de ces livres est le premier de Perez, Dayo. Spenst admire la manière dont Perez, qui est né aux Philippines, entrecoupe le Tagalog de son travail. Spenst fait l’éloge aussi de la manière dont Perez écrit en réponse aux poètes de renom.
« C’est un livre magnifique de poésie, » dit Spenst.
L’enthousiasme de Spenst pour promouvoir les œuvres des autres est représentatif de son caractère généreux.

[The Lantern and the Night Moths, par Yilin Wang, inclut des essais pour traduire la poésie.]
Spenst présente d’autres livres
Il veut aussi sensibiliser le public du travail par son ami Yilin Wang, The Lantern and the Night Moths, qui comprend des traductions de la poésie et des essais sur la traduction.
« Je suis très surexcité de le lire, non seulement pour voir ces beaux poèmes des poètes du passé qu’elle met au jour, mais encore pour les essais qu’elle a écrits sur le procès de la traduction, » Spenst dit.
Une autre recommandation est le second livre de poésie de Dallas Hunt, Teeth. Le poète Cree et membre du Wapsewsipi (Première Nation Swan River) est un professeur adjoint de la littérature indigène à l’UBC.
Spenst souligne qu’Hunt utilise des lignes très courtes dans ses poèmes. Ça le fait se demander si Hunt incorpore des méthodes Cree en ses vers.
« Parfois, il travaille avec des mètres précis de cinq syllabes, » Spenst ajoute.
Ensuite, il souligne la collection de poésie appelée G, par Klara du Plessis et Khashayar “Kess” Mohammadi. Spenst la décrit comme un autre exemple intéressant d’un livre qui étudie l’interface entre l’anglais et d’autres langues.
« L’anglais et d’autres langues ont été utilisées dans la poésie nord-américaine depuis au moins cinquante ans en un sens plus marginal, » il dit. « Mais je dirais que c’est beaucoup plus courant, dominant dans la poésie — si telle chose existe — durant les dix à vingt dernières années. Il y a beaucoup plus de monde, des parties du monde non-européennes qui ont grandi ici et ont trouvé leur propre poésie, que reflètent leurs éducations multilingues. »
En plus d’être impressionné par ces poètes, Spenst est inspiré par l’essayiste, la romancière, la nouvelliste et la traductrice Lydia Davis, qui pense que chaque écrivain devrait faire un effort d’apprendre une autre langue. Puisque Spenst avait enseigné des étudiants internationaux depuis des décennies, il s’est familiarisé avec les accents et les caractéristiques d’autres langues.
[Kevin Spenst promeut la poésie de Marc Perez sur sa chaîne YouTube.]
Jouer avec la langue
Le premier poème dans la collection de Spenst a un titre haut en couleur qui reflète sa passion des sons d’autres langues: “BigGermanDialectWordClankinglyInsertedHere!” (un grand mot allemand du dialecte inséré ici maladroitement!)
Là-bas, il écrit que quelques de ses ancêtres étaient mennonites allemands qui faisaient une longue marche en Russie pour les terres arables. Ils devaient faire ça pour éviter d’être exterminés, pour être pacifistes.
Spenst dit à Pancouver que ses grands-parents parlaient avec des accents allemands.
« Ils sortaient d’un monde multilingue en Russie, » il dit. « Donc, ce poème pense un peu à l’histoire de ma famille avec quelques parties de ces langues. »
Dans un autre poème, “En français, bed”, Spenst a médité sur le mot lit en comparaison avec le mot en anglais (bed).
« Mais si je retire le français du mot ‘lit’. J’utilise donc seulement l’anglais, cela veut dire que le lit est en feu, » il écrit.
Néanmoins, A Bouquet Brought Back from Space est plus qu’une réflexion sur la langue. Il aborde aussi l’amour, le chagrin et la perte. À cet égard, Spenst a été influencé par le poète de langue allemande Rainer Maria Rilke.
« Pour Rilke, il y a un mot en allemand – raum — et raum veut dire l’espace, » dit Spenst. « Vous savez, l’espace autour de nous ici – de la place pour bouger – ce type d’espace. Mais, ce veut dire aussi plus, comme l’espace intérieur. Un bon nombre des poèmes dans cette collection sont élégies pour des amis décédés lors des dernières années. »
Par exemple, dans “The Stanley Park Manor”, Spenst commémore le poète et son bon ami Jeff Steudel, mort en 2021.
« J’habite dans le bâtiment où il habitait jadis dans le West End – dans le bâtiment où il a rencontré sa femme, » dit Spenst. « Les deux ont habité dans le Stanley Park Manor. »
La dernière partie de A Bouquet Brought Back from Space présente des poèmes de l’amour pour son partenaire, Cheryl Rossi, une ancienne journaliste qui fait maintenant du travail des communications.
[Vidéo: Kevin Spenst récite un poème avec un téléviseur sur la tête.]
La poésie comme une prestation
A Bouquet Brought Back from Space est le quatrième livre des poèmes de Spenst et inclut des mots, des phrases, ou des passages entiers d’environ une douzaine de différentes langues. Il a écrit aussi quinze chapbooks.
Il croit que la poésie est la forme d’art la plus complète parce qu’elle peut se propager dans tant d’autres domaines.
« Il y aurait peut-être quelques poèmes qui ont une forme particulière qui est d’accord avec quelque chose concrète, qui peut aussi être vu comme un art visuel, » dit Spenst. « Et il y a aussi la dimension acoustique de la poésie – seulement le son. En considérant les langues, ces sons peuvent être gutturaux ou seulement des cris de la lamentation. »
Puis, il y a des éléments performatifs de la poésie, qu’il comprend comme une personne avec de l’expérience dans la comédie.
« L’acteur à l’intérieur de moi se délecte de l’occasion d’ouvrir un livre et de le lire à un inconnu, » Spenst dit avec un petit rire.
[Regardez la bande-annonce pour The Oneironaut’s Bouquet from the River: un après-midi rempli de poésie.]
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