Flamenco de Formosa ajoutera une piste de la culture taïwanaise à la forme d’art passionnée espagnole à TAIWANfest de Vancouver

Taiwanese flamenco
Choreographers Hsueh Yu-Hsien and her mother, Lian Ho, will share a story of Taiwan through flamenco at Vancouver TAIWANfest.

[Les chorégraphes Hsueh Yu-Hsien et sa mère, Lian Ho, raconteront une histoire de Taïwan à travers la danse à TAIWANfest de Vancouver. Le frère de Hsueh est aussi chorégraphe.]

Plus tôt cette année, une danseuse taïwanaise a fait quelque chose d’extraordinaire à Madrid. Hsueh Yu-Hsien a obtenu le premier prix pour la chorégraphie solo et pour la mellieure danseuse à la 33ᵉ compétition annuelle de la danse espagnole et de la chorégraphie flamenco. 

Hsueh, une danseuse permanente avec le Ballet Nacional de España (le ballet national d’Espagne), a gagné cette mention pour Risa y olvido (le rire et l’oubli). Elle a adapté le titre de l’écrivain tchèque Milan Kundera et son roman The Book of Laughter and Forgetting (le livre de rire et d’oubli). 

« Je travaillais avec Ballet Nacional, alors je n’a pas eu beaucoup de temps pour mes œuvres originelles, » Hsueh dit à Pancouver sur Zoom. « Lors des dernières années, je voyageais avec mon propre groupe à Rome et dans d’autres lieux. Ainsi, cette nouvelle œuvre est ma propre manière de raconter ces idées et ces sentiments que je me suis sentie pendant mes voyages. »

Hsueh a l’intention de débuter Risa y olvido au Canada à TAIWANfest de Toronto le 25 août et à TAIWANfest de Vancouver le 1 septembre. C’est dans le cadre du programme de Flamenco de Formosa, qui présentera aussi des œuvres de danse originelles chorégraphiées par sa mère, Ho Lian, et son frère, Hank. 

« Dans Risa y olvido, j’utilisais de la musique traditionnelle de Taïwan, » Hsueh dévoile, en remarquant que la musique est devenue de la culture Hakka. 

À cause de la musique, Hsueh s’est sentie que c’était important de communiquer la signification à travers ses mouvements. L’accueil chaleureux a offert un rappel que le flamenco est une forme d’art sans frontières. 

« Il n’y a aucune limite, » elle dit. 

Le prix prestigieux est venu deux ans après que sa compagnie de danse, Genio Dance, a obtenu un prix pour le meilleur groupe à Tolède, Espagne. Cela était pour Eterno reterno (retour éternel) au concours de la chorégraphie de danse espagnole et du flamenco. 

flamenco
Bailadora Hsueh Yu-Hsien with members of Genio Dance Group.

[La bailadora (danseuse) Hsueh Yu-Hsien avec des membres du groupe Genio Dance.]

Ho Lian apporte le flamenco à Taïwan rural

Les amateurs de la danse autour du monde n’associent pas normalement le Taïwan avec le flamenco, connu pour ses jeux de jambes rapides et des mouvements du corps et des bras fluides et intenses. La forme d’art, aussi connue pour claquer les mains (palmas, en espagnol) et l’interaction avec le public, germait en Andalousie dans le 19ᵉ siècle. Le flamenco a des racines d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, des Balkans et même du Rajasthan, d’où les peuples roms émigraient. 

Mais, grâce à la mère de Hsueh, Ho Lian, le flamenco avec une piste distinctement taïwanaise a gagné plus de la popularité dans la nation de l’Asie de l’Est. Ho, la fille d’un ancien soldat nationaliste chinois et d’une mère taïwanaise, est devenue fascinée par le flamenco comme jeune étudiante de danse en Espagne. 

« En grandissant, je me suis toujours sentie que je devais faire semblant dans mon éducation de danse; faire semblant des rôles plutôt qu’être moi-même, » Ho dit à Pancouver en mandarin. « Lorsque j’ai vu des mouvements audacieux du flamenco à l’âge de dix-neuf ans, je me trouvais moi-même. »

« Quand je commençais d’apprendre la danse en Espagne, le premier cours était à propos de pratiquer le contact visuel, » elle continue. « Les yeux représentent l’âme. Une fois que son âme est firme, on peut commencer d’apprendre à être un danseur. On doit être soi-même avant tout pour devenir danseur flamenco. »

Ho a enseigné au club de danse pour plusieurs années au lycée de filles Taipei First. Leur groupe de danse n’était pas initialement spécialisé au flamenco. Puis, en 1999, Ho a lancé le centre de danse Hsia Lien-hua à Doulio avec environ 150 étudiants. Elle a élevé ses deux enfants comme mère célibataire. 

Pour elle, le tournant dans son parcours du flamenco était le tremblement de terre massif de magnitude 7.3 centré au comté Nantou de Taïwan en 1999.

« Quand mon ami danseur est mort, je me suis demandée: Qu’est-ce qui m’a apporté le plus de joie et le plus de regret dans ma vie? » Ho dit. « La réponse était simultanément la joie et le regret en Espagne. Par conséquent, j’ai décidé de retourner en Espagne pour affiner ma danse. »

Lian Ho flamenco
Taiwan flamenco pioneer Ho Lian succeeded through talent, intellect, and determination.

[La pionnière taïwanaise de flamenco Ho Lian réussissait à travers le talent, l’intellect et la détermination.]

Barefoot and High Heels (les pieds nus et les talons hauts)

Elle a fondé Genio Dance en 2000. Malheureusement, Ho a développé la polyarthrite rhumatoïde à long terme. Cependant, cela n’a pas affecté sa détermination d’apporter le flamenco aux communautés rurales et indigènes. 

« Pour continuer d’enseigner de la danse et pour subvenir aux besoins de ma famille, je prenais de grandes quantités d’analgésiques et de stéroïdes, ce qui menait à des périodes de pleurer dans la nuit et au diagnostic de trouble bipolaire, » elle dévoile. « Un ami céramiste m’a suggéré d’arrêter des stéroïdes, de compter sur la prière et de prendre soin de mon corps, en endurant la douleur jusqu’à surmonter la dépendance aux analgésiques et aux stéroïdes. »

Après que Ho s’est sentie guérie par Dieu, elle s’est aventurée aux communautés rurales et indigènes pour enseigner le flamenco. Ho décrit visiter la tribu Bunun après un typhon en 2009 comme « une forme de renaissance et de guérison pour moi. »

« J’ai vu des lieux varieux après la catastrophe et j’ai appris à respecter les montagnes et la terre, » Ho remarque. « Initialement, il y avait des incompréhensions culturelles en entrant dans la tribu. J’ai documenté mes expériences dans mon livre, Barefoot and High Heels. »

Le titre représente les peuples autochtones en dansant avec pieds nus parmi les montagnes, tandis que les danseuses accomplies du flamenco en Espagne portent des talons hauts.

« Nous étions initialement incompris, parce que marcher d’un pas lourd a été considéré irrespectueux, par exemple, » se rappelle Ho. « Mais avec des étreintes et des séjours longs, nous avons construit des amitiés. »

Hsueh se loue du courage de sa mère. 

« Elle est une femme très brave et elle est unique, » Hsueh dit. « Elle est une mère très différente, une vraie artiste. »

Ce courage déteignait sur Hsueh. En grandissant, elle avait très envie de devenir danseuse de ballet. Mais, sa mère lui a dit que sa ligne était plus appropriée au flamenco. Alors, Hsueh a déménagé en Espagne à l’âge de douze ans pour devenir membre d’un conservatoire de danse espagnol. 

[Hsueh Yu-Hsien a parlé à Formosa News en 2022 sur ses inspirations comme danseuse.]

Surmonter des épreuves immenses 

Quand Hsueh a commencé d’étudier en Espagne, elle ne parlait pas espagnol, ne connait pas les pas de danse espagnols classiques et elle n’avait aucune idée de jouer des castagnettes. Elle était seule puisque sa mère est restée à Taïwan. Elle pouvait seulement déménager grâce à la générosité de son grand-père maternel. 

« Quand j’étais une petite fille, j’avais un seul rêve, » Hsueh dit. « Je voulais seulement devenir danseuse. »

Elle considère que le flamenco est une lumière dans le noir, parce qu’il lui offre la liberté de s’exprimer. Comme sa mère, Hsueh a réussi à travers du talent et de la détermination. Quelques années plus tard, elle est retournée à Taïwan et accompagnait sa mère dans les montagnes pour enseigner le flamenco aux personnes autochtones, y compris après les catastrophes naturelles. 

Dans leurs représentations au Canada, la mère et sa fille ont l’intention de raconter l’histoire de Taïwan à travers la danse espagnole avec des danseurs flamenco taïwanais. 

« Il y aura une partie où ils font le flamenco traditionnel et une autre où c’est un type de flamenco plus expérimental, inspiré par leurs propres œuvres. »

« L’explication simple est que les pieds nus peuvent représenter le Taïwan et les talons hauts peuvent représenter l’Espagne, » elle ajoute. « Évidemment, c’est plus complexe que ça. Quand on danse avec les pieds nus ou les chaussures sans talons, c’est un peu comme revenir à son moi originel. »

[Regardez la chorégraphie d’Hank Hsueh et la danse pour une chanson d’Aladdin.]

Le frère Hank développe sa propre voix

Le petit frère de Hsueh, Hank, est aussi chorégraphe et danseur basé à Tokyo. Il jouera aussi son propre style à Vancouver. 

Dans une interview sur Zoom avec Pancouver, Hank dévoile qu’il détestait de danser comme jeune garçon parce qu’il l’associait avec la faiblesse et la féminité. 

« Ma mère encore m’encourageait, » Hank dit en anglais avec un rire. « Elle encore m’a forcé (à danser). Ç’a, c’est comment j’ai commencé. »

Il souligne aussi que sa mère se dépêche d’aider aux autres quand la tragédie se passe, soit typhon ou tremblement de terre. 

Cependant, contrairement à sa mère et à sa sœur, Hank n’est pas danseur de flamenco. Il a étudié le ballet classique, qu’il intègre avec du jazz, du hip hop et du breakdance dans sa chorégraphie pour The Ballet Show (le spectacle du ballet). 

« Le style de ma chorégraphie est très différent de ma mère et de ma sœur, » Hank dit à Pancouver sur Zoom. 

Un exemple parfait est le spectacle d’Aladdin par The Ballet Show. 

La compagnie de danse est dirigée par Kaito Yamamoto, qui était le colocataire d’Hank quand ils ont étudié la danse à l’académie du ballet classique Gelsey Kirkland à New York. Ça, c’est où Hank apprenait à parler japonais. 

Tandis que les femmes dans la famille soulignent le talent artistique, Hank ajoute une grande partie du divertissement et du côté clinquant dans ses œuvres. Il admet que sa sœur et sa mère s’inquiétaient pendant quelque temps de la direction de sa carrière, puisqu’il s’est spécialisé au ballet classique. Mais, plus tôt cette année, sa mère l’a visité au Japon et elle s’est sentie plus rassurée. 

« Elle comprend finalement que son fils ne fait rien de peu judicieux, » Hank remarque. « C’est une bonne chose. » 

[Regardez la chorégraphie d’Hank Hsueh à la chanson “Abyss” (le gouffre) par Yungblud.]

La contributrice de Pancouver Ann Cheng a traduit cette interview avec Lian Ho; la rédactrice associée de Pancouver becky tu a traduit l’interview avec Hsueh Yu-Hsien. 

TAIWANfest à Vancouver présentera Flamenco de Formosa à 19 h 30 le 1 septembre au Vancouver Playhouse. Pour des billets et plus d’informations, visitez le site web de TAIWANfest à Vancouver. 

Lire le texte original >> Cliquez sur ce lien

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