Les visiteurs de l’atelier de Chantal Cardinal aperçoivent immédiatement une grande chaise suspendue au plafond. Mais elle n’est pas créé à partir de polyester ou d’autres tissus synthétiques. Au lieu de cela, l’ancienne résidente de Montréal a fabriqué cette pièce entièrement à la main, en utilisant le feutrage humide pour lier les fibres de laine afin de créer un feutre fait à la main.
«Lorsque j’ai ouvert mon studio ici, je voulais essentiellement que les gens s’assoient et entament une conversation», raconte Cardinal à Pancouver.
La chaise en feutre se trouve dans son studio à l’intérieur d’Arts Factory à East Vancouver depuis l’Eastside Culture Crawl 2017. Avec un sourire, Cardinal note qu’elle a été testé sur des centaines de personnes de toutes formes et tailles.

Comme d’autres feutrière, Cardinal fabrique des produits fonctionnels et portables. A travers son entreprise de design, FELT à la main with LOVE, elle crée également d’élégantes œuvres d’art. Il s’agit notamment de tapisserie murales colorées, qui offrent l’avantage supplémentaire d’absorber les sons.
« Il n’y a pas de limites avec le feutrage», dit Cardinal. « Je peux créer du travail à plat, textural ou tridimensionnel et sculptural. Il peut être aussi grand qu’une chaise sur laquelle quelqu’un peut s’asseoir. Ou il peut être très petit, comme un bijou.
Il y a plusieurs années, Cardinal a remporté une commission d’art public de Vancity pour la succursale de Surrey Centre. Elle a créé sa pièce en feutre coloré, Collective Hands Blooming, à partir de laine qu’elle avait obtenue dans une ferme de moutons à Abbotsford.
Cela a marqué un tournant. Elle est passée de l’achat de laine commerciale à s’approvisionner directement en fibres auprès des fermiers locaux; soit à la vente aux enchères de toisons ou à la participation à la tonte de moutons.
«C’est beaucoup plus de travail», déclare Cardinal. « Mais c’est tellement plus gratifiant de créer une connection avec les fibres et de connaître l’origine de ces fibres.
« J’aide au tri et à l’identification des toisons et parfois même j’isole les moutons pour le/la tondeur(e), mais c’est le travail de mon mari qui aime bien venir aider les fermiers. »
Reflets d’artistes : Chantal Cardinal (WebOuest)
Cardinal humidifie les fibres pour faire du feutre
Elle ramène la toison de laine de mouton dans son atelier d’Industrial Avenue pour la nettoyer, parfois la teindre et finallement préparer les fibres à l’aide d’une cardeuse: deux rouleaux avec des dents qui sépare et peigne les fibres.
« Fondamentalement, pour feutrer, j’ai besoin d’ouvrir toutes ces connexions », déclare Cardinal. “Une fois que je l’ai passé dans la cardeuse, tout est bien peigné dans la même direction.”
En utilisant de l’eau, de l’agitation et des fibres de laine, un processus magique lie les fibres entre elles dans ce qu’on appelle le « feutrage humide ». L’ajout d’un peu de savon à vaisselle facilite le processus.
« Plus vous agitez la pièce, plus elle se rétrécit en un « matériau » solide, même si elle est ultra fine », explique-t-elle. « C’est super résistant car ce n’est pas un tissage ou un tricot. Même s’il est déchiré, il ne s’effiloche pas.
Cardinal peut mélanger son choix de couleurs, en fonction des teintures acides qu’elle applique.

Elle souligne que différentes races de moutons offrent différents types de laine. Par exemple, les moutons Gotland de Suède ont de belles boucles. Les moutons islandais produisent également une laine qui feutre bien. Tout comme les Romneys, qui sont communs en Colombie-Britannique.
L’un de ses plus grands projets publics est une brillante installation de fenêtres de 300 pieds carrés en 12 panneaux qu’elle conçoit pour le ACT Arts Centre à Maple Ridge.
«La soirée d’ouverture aura lieu le 12 juin à 19 heures», explique Cardinal.

De la Mode/Costumes aux ateliers de feutre
Cardinal n’avait jamais pensé à devenir une artiste du feutre lorsqu’elle vivait à Montréal. À cette époque, elle était une joueuse de football de compétition. Professionnellement, elle a travaillé comme créatrice de mode et costumière dans l’industrie cinématographique.
Elle n’a découvert le feutrage qu’en entrant dans Funk Shui à Granville Island pour demander si elle pouvait partager un espace de studio. La propriétaire, Jessica de Haas, lui a proposé un emploi.
«J’ai l’habitude de confectionner des vêtements et de travailler dans des films et dans tout ce qui a trait à la garde-robe», dit Cardinal. « Et dans ce cas, vous fabriquez votre propre matériel. C’était donc un peu fascinant.
Elle est partie après un an pour ouvrir son propre studio parce qu’elle voulait passer plus de temps à expérimenter avec les multitudes techniques de feutrages. En 2020-2021, Cardinal a offert des ateliers à plus de 200 écoliers de Richmond grâce à une subvention Artist in Classroom.
De plus, elle participe au Create! Art Festival, organisé par l’Eastside Arts Society.
«J’offre beaucoup d’ateliers ici dans mon studio, mais j’offre aussi beaucoup d’ateliers dans la communauté», déclare Cardinal.
De plus, elle aime travailler sur des pièces en collaboration avec d’autres artistes. Les exemples incluent des projets d’éclairage en feutre et une deuxième chaise en feutre, réalisée avec un tapissier de meubles.

Leçons de Taïwan
On pense que le feutre est le tissu le plus ancien au monde, existant en Turquie en 6 500 avant notre ère. Ce tissu non tissé est également utilisé en Asie centrale depuis des milliers d’années, notamment comme matériau de construction de yourtes.
L’année dernière, Cardinal a voyagé avec deux autres artisans de Vancouver lors d’une tournée organisée par l’Institut national de recherche et de développement de l’artisanat de Taiwan. Elle dit qu’à Taïwan, elle a été « époustouflée » par le travail d’artisans extraordinaires, notamment des tisserands de fibres de bambou, de bananier et de scirpe.
Certaines des œuvres de ces artistes taïwanais sont présentement exposées le week-end dans le cadre de l’exposition Island Tribute à Ocean Artworks à Granville Island. Cela fait partie des célébrations du LunarFest Vancouver de ce mois-ci.
« Le traitement des fibres de bananier, de bambou ou de scirpe demande beaucoup de main d’œuvre, semblable au processus méticuleux que j’entreprends pour préparer ma propre laine au feutrage », explique Cardinal. « J’ai l’impression que mon travail sera influencé par les processus que j’ai découverts à Taiwan. »
Pour en savoir plus sur le travail de Chantal Cardinal, visitez le site FELT à la main with LOVE. Suivez Pancouver sur Twitter @PancouverMedia et sur Instagram @PancouverMedia.


