[Quand Bettina Matzkuhn brode des paysages, elle vise de créer des personnages. Photo par Aida Gradina.]
L’artiste de Vancouver Bettina Matzkuhn sait que les textiles ont une histoire longue d’incorporer des histoires. Elle continue cette tradition avec les fibres qu’elle utilise dans sa broderie.
« Je ne veux pas me noyer dans seulement faire des œuvres plaisantes et intéressantes, » Matzkuhn dit à Pancouver sur Zoom. « C’est dans le cadre de ce que je fais. Mais il doit se prêter à une idée. »
Par exemple, l’artiste textile de Vancouver-Est rapelle faire des gilets de sauvetage avec l’intérieur brodé avec des images de la nature et des besoins humains, tels que l’eau, l’abri et la nourriture.
“Cette broderie attire des gens, mais j’espère qu’ils pensent vraiment du contexte des choses ou de la manière dont elles sont présentées, » elle ajoute.
Pour un projet appelé Gear, Matzkuhn a brodé des paysages sur du lin et puis a l’incorporé dans les sacs à dos. Quand quelqu’un ouvre-le, on va voir une scène d’un feu de forêt ou d’un glissement de terrain ou les arbres en tombant.
« C’est comme les sacs à dos portent la terre, » dit-elle.
Cela a poussé Pancouver à demander à l’artiste majoritairement autodidacte si elle pratique “meaning-based embroidery” (des broderies basées sur le sens).
« Je suppose qu’on pourra l’appeler ça, » Matzkuhn répond avec un petit rire.
Son père était passionné de voile, donc elle a passé beaucoup de temps sur l’eau en observant des paysages. En ce temps-là, son père lui a initié à lire des cartes, ce qui a déclenché son amour de toujours pour les cartes. Un de ses projets de broderie, Sail (le voile), honore son père. Un autre, Maps (des cartes), décrit « des parcours personnels ou imaginaires ».
« Quand je faisais des paysages, j’ai eu l’impression de faire un portrait d’un personnage, » dit Matzkuhn. « J’essaye de communiquer à quelqu’un le naturel d’un personnage. »

[Bettina Matzkuhn a brodé cette œuvre avec des fibres de banane qu’elle a apporté chez elle de Taïwan.]
Matzkuhn apprenait la nature de son père
Tous deux ses parents étaient des enfants durant la Deuxième Guerre mondiale et ils se sont enfuis d’Allemagne de l’Est à différents moments où elle était sous l’action des communistes. Matzkuhn admet facilement que l’Allemagne était le méchant dans cette guerre, mais elle remarque que les enfants ne sont jamais en faute quand les conflits militaires éclatent. Par conséquent, elle éprouve de la compassion profondément pour les détresses des enfants dans des pays du monde ravagés par la guerre, y compris l’Ukraine et la Gaza.
Sa mère s’est enfuie d’Allemagne de l’Est pour franchir la frontière avec l’Allemagne de l’Ouest, patrouillé par des soldats soviétiques, sur son vélo au milieu de la nuit.
« En tant que jeune femme, on ne voulait pas être saisie par l’armée russe, » Matzkuhn dit.
Son père était un maçon de vingt ans qui a participé à une grève majeure à Berlin Est en 1951. Dans sa mémoire, il a déclaré qu’il pouvait franchir Berlin Ouest avec un passeport emprunté.
Une fois qu’il est arrivé au Canada, il n’a jamais eu aucun intérêt à socialiser avec d’autres Allemands, encore moins à retourner dans son pays d’origine.
« Quand il est venu à Vancouver, il pensait qu’il est mort et qu’il était allé au paradis, » Matzkuhn dit. « Il n’a jamais arrêté que c’était l’endroit le plus incroyable. Et il ne ferait jamais déverser du pétrole dans l’eau ou prendre plus qu’un poisson que nous pourrions manger la nuit.
Le respect pour la terre de ses parents a déteint sur Matzkuhn. Durant ses voyages de randonnée, elle prend toujours un sac en plastique pour s’assurer qu’aucunes ordures ne sont oubliées.
« Je suis intéressée par l’histoire naturelle et l’écologie – les choses comme la disparition des glaciers, » elle dit. « Je travaille maintenant sur quelque chose sur la sécheresse. »

[Cortes Ferry, par Bettina Matzkuhn.]
Les œuvres des artisanats ont une voix
En 2000, Matzkuhn a obtenu son baccalauréat des beaux-arts, axé sur les arts visuels, de l’université de Simon Fraser. Cinq ans plus tard, elle a obtenu sa maîtrise du programme de culture générale de l’USF.
« J’avais un gagne-pain, parce que la broderie ne va pas donner à manger aux enfants et leur donner des chaussures, » elle commente.
De nos jours, elle est artiste de la broderie à temps plein qui a exposé ses travaux manuels aux expositions en solo et du groupe. Elle est aussi la représentante du conseil des artisanats de la Colombie-Britannique au conseil d’administration de la fédération des artisanats canadiens.
« Je pense toujours sur les travaux manuels comme une province de la nation des arts visuels, » elle déclare. « Même si quelqu’un fasse un objet simple et fonctionnel, il a encore une voix. Il communique encore à travers des matériaux et la main du fabricant. »
Lors d’un récent voyage à Taïwan avec deux autres artisanats de Vancouver, Matzkuhn acquérait encore plus de compréhension pour l’art basé en fibres est une langue unique. L’institut national de la recherche des travaux manuels et du développement de Taïwan a aidé à prévoir le voyage organisé. Ce voyage comprend des haltes aux studios en se spécialisant dans des fibres de banane, de bambou, de jonc, d’indigo et des autres colorants naturels.
« Le voyage a renforcé mon idée que les artisanats se comprennent intrinsèquement, » Matzkuhn dit. « Il n’y avait pas un air confus et des questions comme ‘Combien de temps ça te prend?’. Il y a seulement un respect automatique et une fascination pour le travail des autres – et un intérêt vrai et simple de chaque tranche d’âge.
Elle était particulièrement impressionnée par les peintures de paysages créées avec des colorants naturels par le maître taïwanais Ching-Lin Chen. Chen a exposé quelques-unes de ces œuvres à Granville Island dans le cadre de l’exposition des couleurs de Formosa de LunarFest à Vancouver.
À Taïwan, Matzkuhn s’est émerveillée de l’usage des colorants indigo par maître Chen pour créer des montagnes stylisées, avec des sommets foncés et arrondis et des nuances plus pâles au fond. Elle s’est demandée pourquoi il l’a fait, quand les sommets des montagnes de Colombie-Britannique ont généralement des bords hérissés à cause des arbres, sapins et ciguës.
« Puis, nous étions en conduisant dans la petite camionnette et je regardais par la fenêtre, » Matzkuhn rappelle. « Ils n’ont pas des conifères. Les montagnes ont des bords arrondis et bosselés et toutes les montagnes sont sombres au sommet et pâles au fond. Ça, c’est son paysage. »
Cela mène à une réflexion sur sa mission comme artiste de broderie.
« J’essaye de rendre immergé à la personne qui voit [mon travail]; comme ils sont là-bas, » Matzkuhn dit. « La chose [mon travail] peut communiquer en quelques manières. Donc, c’était très cool de voir ça. »

[Bettina Matzkuhn a brodé Banyan avec des fibres de la banane.]
Apprenez-en plus sur le travail de Bettina Matzkuhn: visitez son site web ou suivez-la sur Instagram.
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