Ce que veut dire « aimer » dans différentes langues – inspiré par la gagnante du prix de la poésie de la SRC Kyo Lee

Korean-Canadian high school student Kyo Lee is the winner of the 2023 CBC Poetry Prize.

[L’étudiante secondaire coréenne-canadienne Kyo Lee est la gagnante du prix de la poésie de la SRC (Société Radio-Canada) de 2023.]

Quand j’étais plus jeune, j’avais honte pour pouvoir parler plusieurs langues. Même si je n’ai pas d’accent notable, je savais que c’était un gage d’être une « autre ». Parler mandarine était pour traduire des appels téléphoniques tendus avec la compagnie d’électricité, ou pour commander de la nourriture dans un restaurant sans photos au menu. Parler mandarin était pour être responsable, une petite adulte, quelqu’un sur qui mes parents peuvent compter.  

En anglais, je peux être tellement de choses différentes. Je peux être élégante, une lectrice et une écrivaine avide avec un vocabulaire en croissance constante. Je peux être drôle, vite à relever des jeux de mots ou « ce que les jeunes disent de nos jours ». Je peux être moi-même, en toutes les façons dont mon mandarin limité ne peut jamais rattraper.   

Mais récemment, j’ai commencé me rendre compte que l’anglais ne peut pas inclure toutes les parties de moi non plus. 

La gagnante plus jeune de tous les temps du prix de la poésie de la SRC et résident ancienne d’Abbotsford, Kyo Lee, a dit à la SRC Books (livres), « je suis une personne différente en chaque langue, ou au moins, c’est comment je me sens souvent. »

Son poème gagnant est un parcours de l’amour, la déconnexion entre la compréhension de sa culture [de l’amour] et sa propre compréhension. Avec des allusions aux impacts continus de la guerre et du colonialisme, le poème décrit les manières dont l’amour en la langue coréenne diffère de l’amour qu’elle connait personnellement comme une coréenne-canadienne queer. 

Quelques choses sont perdues pour toujours à la traduction. Ça n’est pas la tragédie – c’est la pensée que nos expériences sont limitées par les langues dont nous parlons. 

L’auteur-compositeur-interprète qui est basé à Los Angeles Lowhi a aussi exprimé ses sentiments similaires. Dans un débat sur le potentiel du marché de la musique de langue chinoise en Amérique du Nord à Jade Music Fest, il a remarqué que sa personnalité est perçue différemment en fonction de quelle langue qu’il parle. En mandarin, il rigole, qu’il semble plus poli. « Je pense que, comme artistes, nos inquiétudes les plus grandes sont devenues nos forces les plus grandes, » Lowhi a dit. 

En fonction de la situation, les personnes de couleur font souvent quelque chose appelée “code-switching” (changer du code). Un exemple est quand on parle avec des collègues dans le bureau – formellement, avec la bonne grammaire, versus comment on parle avec des amis – nonchalamment, avec de l’argot et un mélange des langues. C’est une méthode de s’intégrer, en ajustant des parties de nos identités sans rien sacrifier. Certaines des personnes même peuvent dire que c’est une méthode de survie.

Dans un entretien avec Margaret Gallagher au North by Northwest de la SRC, Kyo Lee a dit que gagner le prix la rend « optimiste que des actes de défi linguistique soient reconnus. »

À travers la poésie, la onzième élève construit sa propre compréhension du monde. Elle écrit un présent et un futur qui ont de l’espace pour se réconcilier et pour être libre d’aimer. 

La langue influence la manière dont nous percevons nos vies et nos relations. Ce n’est pas un peu exagéré de dire qu’elle influence aussi nos personnalités. Je me demande donc si en étant bilingue, on voit le monde deux fois plus différemment? 

Dans la culture asiatique dans laquelle j’ai grandi, l’amour n’est pas une chose souvent parlée à voix haute. L’homosexualité, encore moins. Il y a une différence entre la terminologie actuelle et les expériences vécues. Avoir le vocabulaire pour décrire vous-même et son idée du bonheur est assez facile. Devoir s’asseoir et avoir une conversation à propos du traumatisme générationnel et de l’homophobie héritée? Pas aussi facile. 

L’identité de Kyo Lee comme poétesse queer pourrait être en contradiction avec la façon dont l’amour est exprimé ou appris en la langue coréenne. Se faire à vous-même en toutes les langues qu’on parle peut-être une tâche difficile. C’est analyser le statu quo et se mettre à la première personne. Je pense probablement qu’un élément de la difficulté est de savoir que cette langue existait avant que vous. Vos parents, vos ancêtres et des générations avant que vous la parlent mieux que vous. Quand une moitié de votre esprit s’inquiète de conjuguer les bons verbes ou de résoudre le bon niveau des honorifiques à utiliser dans cette conversation en particulier, pas étonnant que vous ne sembliez pas vous-même en essayant de la parler. 

Mais vous essayez de la parler, en tout cas. Puisque c’est une partie de vous. 

Kyo Lee a dit que son poème « est finalement au sujet de surpasser ces définitions vieillottes de l’amour et les redéfinir au-delà de la langue ou de l’histoire, à une plus personnelle. 

Et je pense que ça, c’est la beauté d’être bilingue. La capacité de reconstituer des nouvelles phrases, des nouvelles significations et des nouvelles définitions. Nous avons appris à parler de l’amour dans une façon spécifique, parfois même à changer de forme pour s’adapter à des bonnes syllabes et des voyelles. Au-delà des contraintes de la langue et de la culture avec lesquelles nous avons grandi, il y a toujours plus d’espace pour l’amour. 

Kyo Lee est une étudiante secondaire, écrivaine et rêveuse koréenne-canadienne queer. Elle est la gagnante la plus jeune de tous les temps du prix de la poésie de la SRC. Vous pouvez lire son poème gagnant lotus flower blooming into breasts ici. 

Lire le texte original >> Cliquez sur ce lien

Agissez maintenant

Pancouver alimente la créativité et promeut une société plus inclusive. Vous pouvez contribuer à soutenir notre mission de mettre en lumière des artistes diversifiés. Les dons provenant du Canada donnent droit à un reçu fiscal.

Partagez cet article

SÉLECTION D'ARTICLES EN FRANÇAIS

The Society of We Are Canadians Too created Pancouver to foster greater appreciation for underrepresented artistic communities. A rising tide of understanding lifts all of us.

We would like to acknowledge that we are gathered on the traditional and unceded territories of the Coast Salish peoples of the xʷməθkwəy̓əm (Musqueam Indian Band), Skwxwú7mesh (Squamish Nation), and Səl̓ílwətaɬ (Tsleil-Waututh Nation). With this acknowledgement, we thank the Indigenous peoples who still live on and care for this land.

This project is funded in part by the Government of Canada.

The Society of We Are Canadians Too created Pancouver to foster greater appreciation for underrepresented artistic communities. A rising tide of understanding lifts all of us.

We would like to acknowledge that we are gathered on the traditional and unceded territories of the Coast Salish peoples of the xʷməθkwəy̓əm (Musqueam), Skwxwú7mesh (Squamish), and Səl̓ílwətaɬ (Tsleil-Waututh) Nations. With this acknowledgement, we thank the Indigenous peoples who still live on and care for this land.

Enjoying Pancouver?

Independent arts journalism needs readers like you!

If you value stories like this, please consider supporting Pancouver.